Premier Noël en Cévennes


Pour les retardataires, nouveaux, distraits, .... voir les épisodes précédents

image vue_de_la_Rousse.jpg (1.6MB)

Voilà, voilà, j’espère que vous avez passé un joyeux Noël et que vous avez osé quelques entorses aux restrictions pour un peu de social et de convivialité sans passer par les centres commerciaux bondés.

Cet automne fut très automnal, chute des températures au début, puis un mois de radoucissement, et ensuite le froid de retour en décembre. Les pluies ont pris pas mal leur place cet automne bien que nous n’ayons pas vraiment eu de pluies cévenoles

Au potager, avec l’arrivée rapide des premiers refroidissements, les semis d’automne n’ont pas bien pris, les dernières tomates n’ont pas pu finir de mûrir (sauf quelques unes à l’intérieur), pas d’épinards ni de navets pour l’hiver. Quelques blettes, poireaux et potirons nous ont quand même permis quelques bons petits plats du jardin. Il reste encore quelques poireaux, céleris raves, carottes et scaroles à récolter et quelques choux pas encore assez gros. Mais nouvel échec des choux de Bruxelles, je râle.

Côté pépinière, le petit marché de Chambonnas s’est terminé fin octobre mais je me suis installé sur un autre marché à Villefort, bonne ambiance, gens sympas. J’aime bien cette ambiance de marché même si ce fut parfois dur de se les geler pendant 4 h, j’ai d’ailleurs arrêté début décembre surtout que ce n’est plus trop une période où les gens plantent au jardin. Les quelques pommiers que j’avais greffés au printemps sont partis comme des petits pains ainsi que les vignes de cépages interdits. Donc l’an prochain je vais m‘orienter un peu plus vers la greffe de fruitiers, d’autant que j’ai pas mal de semis de pommiers, cognassier, … prêts pour recevoir une greffe. Du coup j’en ai resemé pas mal.

Et les cépages interdits c'est quoi? un peu long à raconter mais dans l'histoire du vin en France, il y a eu des périodes catastrophiques dues au mildiou, à l'oïdium. Des cépages américains ont été introduits, plus résistants mais qui ont amené le phylloxéra auquel la vigne française est sensible. Du coup il y a eu des croisements, des hybrides résistants aux maladies et la production a repris, voire une surproduction. Cela a amené les têtes pensantes à interdire certains cépages, et bizarrement ceux qui ne nécessitaient pas de traitements chimiques. Lobbying de l'époque? on va encore me traiter de complotiste. Bref toujours est-il que ces cépages existent encore dans les Cévennes, où bien sûr les paysans ont refusé d'arracher leurs vignes, on est vraiment sur une terre de rebelles, j'ai bien choisi mon coin. Pour plus d'infos je vous conseille si vous en avez l'occasion de voir le film "Vitis prohiba". Et donc, rien qu'à voir le mot "interdits", je me suis mis à collectionner et reproduire ces cépages. Je n'ai pas encore toute la collection mais ça progresse, j'espère en trouver de nouveaux cet hiver.
image thumbnail_IMG_20210107_085955_4.jpg (0.2MB)


A côté de ça, du boulot aussi chez quelques personnes du village pour entretiens de jardins et abattages d'arbres.

Par contre, avec ce boulot, les jours de pluies et les jours qui raccourcissent, j’ai pris du retard au jardin, très peu de nouvelles plantations, et en plus la foire aux fruitiers, où je me régale à trouver des espèces rares ou de nouvelles variétés, a été annulée à cause de ce foutu covid. Je vais leur suggérer d’organiser la prochaine dans un centre commercial où il semble que le covid est absent quand on voit les foules qui s’y pressent.
Dans les projets de cet automne il y avait aussi la construction d’une nouvelle serre dont le chantier a à peine débuté, il va falloir que je m‘active si je veux être prêt pour le début du printemps.

Au poulailler, si vous avez suivi, il restait une poule et la poule disparue a été remplacée par une poule et un coq. On attends les œufs (pas ceux du coq je vous rassure).

Bon, et même si je n’aime plus trop en parler, difficile de parler de la vie ici sans parler du covid et du nouveau confinement. Même si je suis quasi en permanence confiné au jardin, que je prends peu de risques de contamination, la situation n’est pas des plus agréables. Sur le marché par exemple, 90 % des gens avec des masques, c’est un peu triste. Parfois on ne reconnaît pas les gens. Je fais bien sûr partie des 10 % restants, le masque en plein air, très peu pour moi et vu que je risque peu de le choper au jardin, on ne peut pas me culpabiliser de faire prendre des risques aux autres. Donc, juste pour le passage des gendarmes, et encore, il me suffit d’allumer une clope pour avoir une excuse. J’ai aussi avec l’officialisation de la pépinière, pu avoir une attestation permanente, il me suffit de dire que je vais acheter du matos, c’est d’un ridicule mais autant en profiter.

Dans notre entourage, dans le hameau mais aussi en ville, vieux ou jeunes, tout le monde ou presque a continué à se faire la bise, ça peut en choquer certains, mais malgré cela, je n’ai encore qu’une amie proche qui l’a chopé à son boulot (je vous rassure, ceux qui l’ont ne font pas la bise). Privilège de vivre dans une région de rebelles qui vivent souvent comme nous, ne prennent pas les métros et ne fréquentent pas les centres commerciaux et surtout ne croient pas à tous ces messages anxiogènes et culpabilisants basés parfois sur des chiffres faussés. Je ne nie pas une autre réalité ailleurs mais ici ces mesures nous paraissent surréalistes et c’est l’avis de tous ceux qui nous entourent.
Notre petite fête de la soupe au hameau a bien eu lieu de même que nos petites réunions mensuelles pour discuter des projets au village ou autres causeries. Et pas un masque en vue.
Mais il reste que nous sommes touchés par la réduction de nos contacts sociaux par exemple du samedi matin, apéro après le marché, qu’on a heureusement compensé en organisant avec 2 autres couples d’amis une bouffe entre nous tous les samedis. Ceci dit désobéir une fois ou l’autre c’est limite amusant mais à la longue c’est lassant.

Bref, c’est peut-être incompréhensible pour certains, mais dans ce cas venez passer un petit séjour en Ardèche pour mieux comprendre.
Et j’ai une pensée pour ces pauvres restaurateurs et patrons de cafés, théâtres, etc. etc. qui ont dû à nouveau fermer en regardant les métros bondés. Mais aussi pour tous les soignants qui sont sur le front et tous ceux qui ont subi les souffrances de la maladie ou de la perte d'un proche.

Pour Nanou et Ayla c’est aussi parfois plus difficile. Ayla au lycée, masques obligatoires, même en cour de récré, puis c’est devenu une semaine sur 2 à l’école et l’autre semaine avec des devoirs à la maison, pas toujours facile avec notre mauvaise connexion internet. Et pour Nanou aussi, le masque toute la journée, faire respecter les mesures aux enfants de plus en plus difficiles avec tous ces interdits, les passages cantines plus compliqués, désinfections etc. Le trimestre fut donc très fatiguant et démotivant à aller au boulot.Et là aussi, 307 élèves, 30 tests passés, tous négatifs sauf deux sur tout le trimestre et un malade. Mais en même temps une pensée pour tous ceux qui souffrent de cette maladie.

Et enfin, vu toutes ces mesures, pour la première fois, nous n’avons pas pu passer les vacances de Noël à retrouver la famille et les amis, un peu dur quand même. On espère bien que les prochaines vacances se passeront entre 2 vagues et des mesures allégées. Donc le 24 en famille à la maison et le 25 avec de chouettes amis d’ici, en bravant un peu les interdits (pas à 20 je vous rassure) et en profitant de bises et accolades, ça compense un peu, nous avons passé de bons moments.
Pareil pour la nouvelle année.
Côté positif aussi, les amis en question sont d’anciens négociants en vins à la retraite et spécialisés dans les vins naturels, bio, en biodynamie, de belles découvertes, des goûts inhabituels, un vrai régal. Et aussi un petit we chez Flo a Thiers qui tient un bar à vins rempli de ces vins. Un vrai régal. Si un jour vous passez par là, arrêtez vous au Brin de Zingue...
Et j'y ai découvert mon vin fétiche...
image thumbnail_IMG_20210107_084841_4.jpg

Je terminerai sur cette note positive, d'autant que j'ai lu que le vin pouvait lutter contre le covid d'après une étude américaine, je ne vais pas vérifier l'info, je vais plutôt tester.

Je vous souhaite une très belle année 2021 et bien sûr une excellente santé pour résister à tous les virus.