La fin des cornichons


Pour les retardataires, nouveaux, distraits, .... voir les épisodes précédents
Le point météo avant les cornichons... Difficile à décrire ce printemps, précoce mais avec des nuits fraîches au début, des températures en yoyo, un coup 18°, un coup 10°, de la pluie une fois par semaine en moyenne, mais quand même très souvent du soleil, bref un peu de tout. Un printemps agréable selon les manifestants, pas terrible selon la police. Je penche côté manifestants.

Bon, c'est quoi cette histoire de cornichons (enfin presque, mais il me fallait un titre). A l'heure où je vous écris, nous finissons le dernier pot de cornichons au vinaigre (et croyez moi Nanou et Ayla en mangent beaucoup sur leurs tartines) et les nouveaux arrivent au potager. Si ce n'est qu'après leur préparation il faut attendre 2 mois, donc on va quand même devoir acheter ces cornichons chinois. Si vous ne le saviez, pas la Chine ne se contente pas de tout copier, elle est aussi le premier producteur mondial de cornichons. Donc cette année, 8 plants de cornichons au potager on essaie de battre le record et être autonome, un bon début pour notre autonomie potagère quand même ;0).

Pour le reste, comme d'habitude au printemps, c'est beaucoup de temps consacré à la mise en route du potager;,j'ai un peu délaissé le tronçonnage d'hiver.
Je vous ai parlé des semis de fin d'hiver dans l'épisode précédent, le reste à suivi, surtout en mai, fin des risques de gelées et donc beaucoup à semer, repiquer salades, tomates, concombres, courges, aubergines, haricots, encore des oignons, bettes, betteraves, etc, etc.
Et les premiers échecs et premières récoltes, les carottes et panais ont du mal à germer, mais les épinards donnent super bien (petite astuce, faire des semis dans les godets dès le mois de février à l'abri et les repiquer un peu plus tard, gain de temps, meilleure germination, pas d'éclaircissage) nous avons pu faire quelques récoltes. Pareil pour les laitues, nous sommes au stade où on pourrait en manger tous les jours. Récolte aussi de petits pois, pois mange-tout, fèves. Et j'ai gagné mon pari (avec moi-même) d'avoir mes premières tomates avant juillet, je viens de cueillir la première.
3ème année de potager donc, de paillage, d'amélioration de ce mauvais sol cévenol, et cette année, du compost et un peu de fumier, j'espère que la production va encore augmenter.
Côté fruitiers, l'année s'annonce bien, une année à fruits et, mis à part les pommiers, les fruitiers installés ces dernières années vont commencer à donner. Les fraises sont mangées, les groseilles à maquereau et autres sont quasi mûres et le cerisier, planté par nos prédécesseurs est plein à craquer. Les figues arrivent ainsi que les pêches, les prunes, le nashi et même le kaki fait ses premiers fruits.

Mais comme partout, ce qui pousse le mieux ce sont les mauvaises herbes, enfin dans le nouveau jargon à la mode on dit "indésirables". Un peu de pluie, du soleil et quelques degrés et ça pousse à une vitesse... Donc début des débroussaillages. Mais dans ces indésirables il y a aussi beaucoup de fleurs. L'avantage, une succession de couleurs et d'émerveillements, monnaie du pape, silène, muscari à toupet (dont un ami m'a appris que le bulbe est comestible), digitale et autres composées (je ne connais pas encore tous les noms) nous offrent de magnifiques tableaux colorés,... Zut ! J'ai encore oublié de faire des photos.
Sans compter les fleurs que Nanou a plantées.
Inconvénient, comme je n'aime pas arracher ou faucher les fleurs, même sauvages, ça complique le débroussaillage ou désherbage, j'essaie d'être sélectif sans me laisser envahir. Et puis il y a les châtaigniers dont les branches poussent très vite et rejette de partout, vous en coupez un, il en repousse une grosse touffe. Bref, si il y en a qui croient encore que je me dore la pilule dans le sud.... Et comme il a commencé à faire chaud, pas possible d'y passer une journée. De toute façon avec ces machines à bruit : tronçonneuse, broyeuse, débroussailleuse,... j'ai décidé de ne pas dépasser une heure par jour, il fait trop calme ici pour faire du bruit.

Ensuite il y a la pépinière, pleine à craquer de pots d'aromatiques en tous genre, de légumes vivaces et de fruitiers. Rempoter les boutures faites cet hiver, faire de la place, désherber...
Là aussi des bonnes et moins bonnes réussites, mais dans l'ensemble ça fonctionne bien, et je m'émerveille toujours de voir de ces bouts de branches plantés dans un bon petit mélange de terre et de sable qui refont des racines et une nouvelle plante : c'est magique.
L'étape suivante c'est de vendre tout ça. J'ai pu participer à une petite foire aux plantes et ça a bien donné, au moins de quoi récupérer l'achat du terreau et des pots et même payer quelques heures de travail. Mais surtout ça m'a donné l'envie de faire les marchés. Il reste donc à faire les démarches et là, c'est moins simple, donc j'avance doucement. En attendant je donne, j'échange et vends un peu dans le village ou autour de moi. Une chose est sûre, je ne ferai pas fortune avec ma pépinière.

Et enfin les gîtes, la saison approche, petites réparations ou améliorations, entretien,... pour préparer l'arrivée de nos premiers vacanciers.

Donc je disais, programme chargé, gestion des priorités pas toujours facile, et en cette fin de printemps je me demande si je ne frise pas le burn out :-)... Il faut que je discute avec mon patron, c'est-à-dire moi, pour qu'il mette un peu moins de pression.
Heureusement j'ai eu un peu d'aide cette année, 2 personnes sont venues faire du woofing, c'est à dire, un peu de travail en échange d'être logées quelques semaines ici. Chouette expérience.

Bon et bien sûr, il y a tout le reste, la vie sociale, les petits concerts, les bouffes entre amis, les réunions de village pour discuter des élections de 2020, avec une envie de beaucoup d'installer une démocratie participative dans notre commune. Donc on se renseigne, on discute,...

Ah oui, et les sangliers? Eh bien pas un seul en vue dans les parages depuis l'automne dernier, les venues fréquentes des chasseurs cet hiver ont dû calmer un peu l'envahisseur. Mais on commence à revoir quelques traces dans le coin donc on reste vigilant.


La bafouille de Nanou.

Pour ma part j'ai trouvé un nouveau point de crochet qui me plaît beaucoup...j'ai donc déjà réalisé deux choses : un snood et un châle assez sympa.

J'avais envie de vous parler de l'évolution du monde : d'ici je peux me rendre compte qu'il ne tourne pas bien, j'ai beau réfléchir mais je ne vois pas comment réagir et parfois cela me met le moral à plat. Mon dernier coup de blues à propos de cela date du résultat des élections, que ce soit en Belgique ou en France, je reste devant une incompréhension totale...quand je vois la montée de l'extrême droite, je me dis que l'on oublie vite ce qu'il s'est passé au milieu du siècle dernier. Pourtant je vous assure que lorsque l'on visite les camps de concentration il est difficile d'oublier ce que l'on a vu. Je suis inquiète car les jeunes, ma fille, sont surtout concentrés sur leur gsm, iPod et autre, à jouer des pouces dans leur coin, et même si c'est au programme en histoire, j'ai l'impression que pour eux le siècle passé est bien loin....pourtant il semble que cela soit à nos portes. Alors je continue de me dire que j'ai une chance immense de vivre là où je vis, dans ce milieu protégé en accord avec la nature, mais je n'arrange rien à la situation...Heureusement j'ai parfois des messages de mes anciens élèves qui me remontent le moral parce que des petites graines ont germé en eux et ça fait chaud au cœur...

Bon je ne vais pas rester sur une note triste, j'en ai une plus sympa : le Doudou. Cette année c'était Doudou à Elze, bien sûr c'est pas la même chose et ce n'est pas facile, mais j'ai des voisins et des amis super! J'avais donc invité quelques personnes en mode auberge espagnole et me voilà en train de leur expliquer notre tradition montoise, lorsque Mimi, qui est toujours en retard, arrive déguisé ! On ne sait toujours pas en quoi, mais cela nous a valu un beau fou rire! Une des idées qui est survenue, comme notre communauté belge est bien représentée au Vans, c'est de recréer le Doudou ici... Affaire à suivre mais pourquoi pas?? Soyons fou! Mais bon, je vous rassure : hors de question que je ne revienne pas à Mons un an sur deux, pas folle la guêpe.
Ayla de son côté terminé sa 3ème, épreuve du brevet fin juin; fin du collège et choix du lycée pour l'an prochain. Ce sera à Aubenas car il n'y a pas lycée plus proche et donc en internat. Et bientôt le premier scooter pour faire ses petites sorties entre potes. L'adolescence avec ses joies et ses problèmes ;0)
Elle va bien , en fait elle a grandi trop vite mais je suppose que c'est le sentiment de toutes les mamans de la terre. Elle bosse pour passer son brevet, elle est amoureuse et elle prendra bientôt son envol pour l'internat. Elle danse aussi et c'est pas mal du tout, le spectacle de fin d'année de son école était vraiment chouette.

Je me prépare pour la période estivale faite de vacanciers qui passent, de rencontres, de soirées en tous genres, et de conserves de légumes. Cela ne va pas être de tout repos, mais les vacances ici c'est comme cela,... Alors si vous passez pas loin, n'hésitez pas à venir nous dire bonjour, vous serez toujours les bienvenus. Et si vous voulez vraiment vous poser, profiter du calme et vous retrouver, c'est l'endroit idéal.
À tout bientôt chers amis, famille, qui nous suivez. Merci d'être là et je vous souhaite un bel été.