6 mois à Elze …



Janvier 2017, cela fait 6 mois que nous nous sommes installés à Elze et nous passons notre premier hiver. L'occasion de prendre un peu de temps pour raconter notre aventure. Ca risque d'être un peu long et désolé pour le style, les fautes et les éventuelles répétitions.

Tiens, commençons donc par la météo... On a eu 10 cm de neige début janvier puis du gel jusqu'à -10 -5, puis nouvel épisode ce 26 janvier, quasi 30cm mais ça n'a pas duré.
En général, le ciel est bleu 8 ou 9 jours sur 10, je ne vous mens pas, un ciel couvert ne dure en général que 2 jours, le reste du temps, c'est soleil et sec. Je n'ai jamais vu autant de journées ensoleillées été comme hiver et cela a été comme ça les 6 premiers mois, année exceptionnelle ou habituelle? Peut être un peu exceptionnel pour l'hiver mais le soleil et la luminosité font réellement partie du décor et quand on voit le soleil on ne se demande pas combien de temps on y aura droit. Voire ça nous fait du bien quand on a un jour ou 2 de grisaille et un peu de pluie, rien que pour changer un peu ;0)).
Autre caractéristique différente de la Belgique, l'air est plus sec, donc une impression différente, 15 degrés ici c'est comme 20 en Belgique et quand le mercure grimpe c'est sans la lourdeur humide.
Il y a bien sûr le traditionnel passage des pluies cévenoles durant l'automne, une semaine de pluies pendant laquelle il pleut plus de la moitié de ce qui tombe en Belgique en une année, ça rigole pas... Et cette année les pluies nous ont encore emporté une route pas loin d'ici.
En cette fin janvier la pluie et la grisaille se sont quand même un peu installées, et on a même eu 25 cm de neige suivie de pluies, une semaine de grisaille, pas l'habitude de ca, mais vu les quantités de journées ensoleillées on n'a pas envie de se plaindre.
Donc côté météo super...

Mais revenons-en au début, après de long mois de préparatifs, sur les genoux après avoir faits nos caisses, les derniers aménagements de la maison pour les locataires, etc., nous avons quitté Temploux le 19 juillet pour une grosse journée de route éreintante sous 33°. Un dernier gros effort en se disant qu'une fois à Elze on pourrait se poser et récupérer.
Mais ce ne fut pas tout à fait le cas, malgré un rythme différent et pas de reprise du boulot en vue, ce ne fut pas de tout repos, les caisses à vider, trier ranger, les petits aménagements pour ranger un maximum de choses, et côté jardin, débroussaillage, clôtures et barricades pour empêcher les sangliers de venir tout détruire ( ils sont passés 3x les premières semaines), bref plein de petites urgences pour s'installer et ce ne fut pas évident de se poser avant quelque semaines. Mais ne nous plaignons pas, à côté de ça, il y avait le soleil, le calme, la nature et le luxe de ne pas repartir au boulot.

Côté emménagement donc, ça prend du temps, vider une maison de 180 m2 habitable dans une de 60 ou 70 (maintenant il faut dire soixante-dix ;0)) en plus déjà meublée, ce n'est pas une mince affaire, malgré qu'on se soit déjà libéré de pas mal de choses données ou revendues en Belgique. Société matérialiste et de consommation, quand tu nous tiens!!!
Donc les premiers mois furent beaucoup rythmés par les caisses. Surtout pour Nanou qui s'est beaucoup chargée de trier et ranger toutes ces caisses, mon boulot se limitant surtout à porter les caisses trop lourdes et à faire l'une ou l'autre étagère dans la maison pour améliorer la capacité d'accueil de tout ça. Et aussi le rangement et tri de mes outils et matériaux pour bricoler. Donc tri des choses inutiles ou pas nécessaires, vaisselle en double, etc. Nous en avons profité pour participer à 3 vide-greniers en fin d'été, ce qui nous a permis de récolter quelques euros de quoi couvrir nos dépenses alimentaires et ménagères pour un mois, donc de quoi ne pas devoir trouver du boulot un mois de plus. Mais surtout cela a éliminé une dizaine de caisses, ça ne se voit pas beaucoup mais si elles étaient là ce serait pire...Nous avons aussi trouvé un libraire d'occasion sur le marché qui nous reprend les livres un bon prix en bon d'achat, 96 euros pour nos futures lectures.
Reste les vêtements, on ne met dans nos armoires que les vêtements de saison, l'été ça se limite à peu de choses surtout pour moi qui vis très (très) dévêtu l'été, quelques vêtements de travail, et l'une ou l'autre tenue pour sortir, l'hiver il y a plus évidemment. Pour Nanou ça prend un peu plus de place, les vêtements pour une femme, c'est plus important ;0), et pour Ayla qui va à l'école il y a plus de besoins. Les vêtements hors saison sont dans des caisses.
Mon problème est plutôt celui du bricoleur plein d'outils et de petites choses à garder pour un éventuel bricolage, l'envie d'être autonome et de tout faire moi-même, et donc que tout peut être utile.
Et pour toutes ces caisses, vêtements, choses pas encore triées, choses à garder pour lesquelles on n'a pas encore trouvé de place, on a heureusement une petite salle à côté de la maison où on a pu stocker toutes ces caisses et brols pour lesquels il faudra encore trouver une place ou évacuer. Il y a donc encore du boulot de ce côté mais Nanou a fait une pause tri rangement depuis la fin de l'automne.
Bref tout ça prend beaucoup de temps.

Côté extérieurs, arriver en juillet, c'est arriver dans la végétation luxuriante, donc le débroussaillage du terrain et l'été avec le cagnard, difficile de travailler entre 11h et 15h, à ces heures il faut trouver d'autres petites choses à faire là où il y a de l'ombre, heureusement il y a de quoi. Ou alors faire la sieste.
Ensuite, à peine arrivés, nous avons eu 3x la visite des sangliers, alors ça, ça mérite un petit chapitre.
Le village est entouré de milliers d'hectares de forêts et de ses habitants dont les sangliers qui comme partout en Europe sont en surdensité et cherchent à manger. Ça c'est le fléau d'ici, pas facile de leur faire comprendre qu'ils devraient se contenter de la forêt. Pour eux, pas de différence, sauf qu'un jardin aménagé et encore plus un potager, c'est rempli de bonne terre avec plein de nourriture. Les sangliers se nourrissent de tas de choses. Les pommes qui tombent, les châtaignes en saison, ça ce n'est pas grave mais il y a tous ces petits vers et autres bestioles sous terre, ils adorent et pour trouver ces quelques vers ils n'hésitent pas à défoncer le sol avec le groin, il faut voir la force de ce groin et les pierres qu'ils soulèvent. Et donc le matin vous découvrez votre terrain comme si on y avait fait exploser quelques bâtons de dynamite par ci par là. Pas trop grave à certains endroits, un petit coup de râteau et c'est bon, mais quand ils passent dans le potager, que les plants de tomates et salades sont complètement retournés, que vos semis qui commençaient à pousser sont explosés, c'est pas cool, voire désespérant. Donc il faut se barricader. Au début je mettais des branchages aux endroits de passage mais ça ne dure qu'un temps, ils finissent par passer. Je me suis donc résigné à acheter du grillage à moutons pour les dévier du terrain. C'est assez efficace pour l'instant mais tout le monde sait ici qu'on n'arrête pas un sanglier sauf avec une carabine et le jour où l'un d'eux aura très faim ou sera apeuré, poursuivi ou que sais-je, mon grillage sera bien peu de chose. En attendant pour leurs escapades nocturnes et paisibles de recherche de nourriture, ils ne passent pas. Quand je dis escapades nocturnes, pas toujours, on a en a plusieurs fois vu passer à 10 mètres de la maison, ou croisé dans les bois pas loin en cours d'après-midi. Puis il y a la période de chasse (les chasseurs toute une histoire aussi) où les sangliers sont dérangés et donc plus remuants, et donc plus de dégâts, je ne vous décris pas les bois et chemins des alentours, un vrai champ de bataille. Bref, le sanglier, est un problème et sujet de discussion récurrent dans le coin.
Et donc je disais, pas mal de journées au mois d'août à installer ces clôtures et petits portillons, surtout pour protéger le haut du terrain ou j'installe le potager.
Ces clôtures à moutons c'est très moche et on dirait que c'est nous qui sommes enfermés dans un enclos. Heureusement il n'y en a pas partout, on ne les voit pas trop de la maison, et je compte bien planter ou semer diverses plantes grimpantes qui les cacheront.

Venons-en justement à ce potager. Le but est donc d'être autonome en fruits et légumes, voire un jour peut-être en vendre un peu, de créer un jardin potager et fruitier et plus tard une petite pépinière de plantes aromatiques, légumes vivaces et petits fruitiers.
Pour ce qui est de notre production 2016, arriver en juillet c'est un peu tard pour avoir un beau potager et à part quelques terrasses aménagées pendant les vacances les quelques années avant notre installation, tout est à faire. Je vous expliquerai.
J'avais néanmoins planté des oignons et pommes de terre et une vingtaine de plants de tomates aux vacances de Pâques en leur demandant de se débrouiller jusqu'à notre arrivée. Pour ce qui est des oignons et pdt, je n'en ai quasi rien retrouvé, si vous avez bien lu le début vous connaissez les coupables. Par contre les tomates avaient bravé les éléments, une période froide après leur plantation, bousculées par les sangliers, quand je suis venu faire un premier déménagement mi juin, il en restait pas mal qui avaient survécu, j'ai replanté celles qui avaient été déracinées, arrosé et le mois qui a suivi, avant notre arrivée, ce sont les fortes chaleurs qui sont arrivées. Le 19 juillet, les survivantes tiraient bien la g... Un peu d'arrosage et de soins et, sans avoir eu d'énormes plans de tomates, on a quand même su en récolter pas mal de kilos au fil de la saison et les dernières cueillies encore vertes fin septembre ont lentement mûri dans les cageots. Nous avons mangé les dernières tomates cerises du jardin en décembre (vous n'imaginez pas la capacité de conservation de ce fruit hors du frigo, fin janvier il me reste une tomate cerises un peu expérimentale, qui a mûri dans la maison et toujours pas pourrie)
On a aussi eu quelques poivrons, piments, courgettes et haricots, plantés en juin ou fin juillet mais pas de quoi se vanter. Et tous les autres essais tardifs, choux, radis, betteraves rouges, carottes, salades n'ont rien donné, soit à cause du passage des sangliers, soit de la longue sécheresse de cet été.
Mais comme je vous le disais, il y avait d'autres urgences que de bichonner le potager, comme par exemple les barrières à sangliers, inutiles de faire un potager si les sangliers passent toujours.

D'autre part, il y a les travaux préliminaires à faire avant de planter de quoi être autonome en légumes.
L'endroit destiné à accueillir les potagers et fruitiers est principalement sous une ancienne pinède, où j'ai commencé à abattre de gros pins depuis deux ans. Il en restait une petite quinzaine à notre arrivée en juillet. Pour pouvoir planter les fruitiers et installer le potager il a donc fallu abattre le reste de ces pins de 20m de haut et gros de 30 à 60 cm de diamètre, un gros boulot de bûcheron. Ensuite, le terrain étant en pente, je coupe des billons de 3 mètres que je mets perpendiculairement à la pente pour en faire de petites terrasses pour le potager. Et pour les placer il fallait défricher la broussaille qui avait poussé en dessous, broyer les branches, faire des tas de petites broussailles pour en faire du compost, ...
Tout au long de ces 6 mois j'ai donc passé pas mal de temps à défricher, tirer les troncs pour les placer (voir photo), un travail de forçât. Et ce n'est pas tout, une fois les troncs placés, il reste à creuser derrière tamiser la terre très caillouteuse et remplir de terre derrière les troncs. Bref ça prend du temps, mais je vous rassure ça me fait du bien d'être dehors en permanence à piocher, pelleter, débarder, tronçonner, ... Et ce n'est pas fini, pour notre production potagère, je compte sur 25 à 30 de ces terrasses de 3m sur 1m, une bonne moitié sont en place, de quoi faire mes premiers semis et plantations de printemps, le reste se fera au fur et à mesure dans les mois qui viennent. Pour tous ces pins abattus, ceux qui ne sont pas tombés à l'endroit du futur potager, il reste à les ébrancher, tronçonner, broyer les branches, y a du boulot.

image potager.jpg (0.4MB)

Enfin il y a les plantations, avec le projet de jardin fruitier et le futur projet de pépinière de fruitiers et plantes aromatiques j'ai planté cet automne environs 150 plants de fruitiers ou de plantes aromatiques, issus de mes boutures ou semis faits en Belgique, de plantes glanées chez l'un ou l'autre ou reçues en cadeaux (merci à tous les donateurs) et de quelques achats puisque cette année nous avons enfin pu aller à la foire aux fruitiers de Saint-Jean-du-Gard, une mine d'or pour les variétés difficiles à trouver ( jujubier, ragouminier, poivrier du Sichuan, citronnier yuzu, pour n'en citer que quelques uns). Donc pas mal de journées consacrées à ces plantations. Dès que j'ai un peu de temps et que j'aurai constaté si tout a bien repris, je ferai la liste de tout ce qu'il y a ici.

Côté jardin nous consacrons une demi-journée par semaine pour faire notre bois de chauffage. Nous avons commencé en septembre à faire nos réserves, estimant qu'en une demi-journée nous coupons pour une semaine de chauffage.

Question chauffage et confort, nous n'habitons plus une maison basse énergie comme notre belle maison en bois de Temploux. Gros mur de pierres, pas mal de fuites d'air, la toiture est habitée par des bébêtes qui depuis le temps ont dû grignoter toute l'isolation. On avait donc quelques craintes pour le confort de l'hiver. On a commencé à faire quelques fois du feu à partir de mi-octobre d'abord le matin car si les journées restent très agréables jusqu'en novembre voire certains jours de décembre, en milieu de journée, à partir de mi octobre, les nuits rafraîchissent. Donc le matin c'est plutôt frais aussi dans la maison, 12 à 15 degrés à partir de fin octobre d'où le petit feu le matin. Puis le soleil prend le relais et à partir de novembre les jours étant de plus en plus court, re-feu en fin d'après-midi. Ce n'est qu'à partir de décembre que le feu a tourné en continu. Et malgré ça, aux environs des 12° le matin, record à 10° les quelques nuits où les températures extérieures ont chuté à moins 5. Et bien vous savez quoi, c'est tout à fait supportable, on ranime le feu et en 5 min il fait bon, pas partout, juste près du feu mais pour prendre le petit déjeuner, c'est très bien. Et ensuite, encore un avantage de vivre dans petit espace, il est plus vite chauffé même si il est difficile de dépasser les 18° mais c'est très suffisant. Donc pour ceux qui nous croient un peu fous, ce n'est pas si terrible.
Et pour ce qui me concerne, mon travail de forçât au jardin, ça réchauffe bien aussi.
Question consommation, je ne pense pas qu'on consommera plus de bois qu'à Temploux, peut-être moins, on verra comment sera la fin de l'hiver

Tant qu'on est dans le registre confort, poursuivons. Nous sommes donc venus habiter dans une maison en pierre mal isolée, et non raccordée au réseau électrique et à l'eau de ville. Bref loin du confort habituel, un peu fous pour certains. Pour ce qui est du confort chauffage on vient d'en parler, on peut juste ajouter que vu la quantité de journées ensoleillées ça compense largement le petit inconfort chauffage. Et ici même en hiver quand le soleil est là il chauffe, peut-être est-ce lié aussi à l'air plus sec. Il nous est arrivé fin novembre de nous lever avec 12 degrés dans la maison, nuit proche du zéro dehors et de nous retrouver à manger dehors à midi.
Côté électricité, comme je vous le disais, par de raccordement au réseau, des panneaux solaires en 12V qui assurent l'éclairage et permettent de recharger les gsm et tablette. Et un transfo pour avoir un peu de 220V pour faire fonctionner la petite sono, l'ordinateur, le mixer et le robot ménager Jazz max (quand Nanou nous confectionne de délicieux pâtés végétariens ou des pestos). Au départ un panneau solaire de 100W avec une batterie de 90Ah pour stocker mais cela s'est révélé insuffisant lorsque les jours ont raccourci et lorsque nous avons eu quelques 2 ou 3 journées de pluies consécutives. Surtout qu'Ayla aime regarder ses films sur l'ordinateur. Nous avons donc racheté des panneaux pour en arriver à 300W, soit environ dix fois moins que l'installation photovoltaïque de Temploux. Depuis, plus aucun souci, éclairage, ordinateur et autres ont pu fonctionner et nous ne sommes plus tombés à court. Comme quoi, c'est tout à fait possible. Bien sûr il faut oublier le frigo, la machine à laver, le four et la cuisinière électrique, l'aspirateur, tous demandant trop de puissance. Pour des gros consommateurs temporaires comme l'aspi, il y a un groupe électrogène mais qui a très rarement fonctionné. La cuisinière est au gaz de même que le chauffe-eau et pour la lessive, soit nous allons au lavoir, soit on fait nos lessives chez des amis du village qui sont raccordés au réseau. Mais à part Ayla qui doit aller à l'école tous les jours nous avons moins de vêtement à laver, surtout l'été.
Et pour le frigo, juste un petit frigo de camping au gaz nous suffit pour les 2 ou 3 mois les plus chauds. Pas de frigo surchargé comme avant, surtout que contrairement à ce qu'on croit, le frigo n'est pas indispensable pour beaucoup d'aliments. Une pièce plus fraîche suffit pour les légumes, le fromage, les œufs et bcp d'autre choses.
On peut donc vivre en autonomie en électricité sans grande perte de confort, mais le confort ça se discute...

Pour l'eau, nous avons un long tuyau qui vient du torrent et qui alimente par gravité 2 citernes de 1 m3 situées dans le haut du terrain et qui par gravité donnent assez de pression pour la maison et faire fonctionner le chauffe-eau. Ça fonctionne la plupart du temps mais il arrive que la crépine se bouche au ruisseau avec des feuilles mortes. Dans ce cas c'est une petite balade pour moi, une bonne heure aller et retour, en comptant l'escalade dans le torrent pour atteindre la crépine. Bon j'avoue que parfois ca m'emm... d'y grimper. L'été, il y a toujours un mois durant lequel le village stresse un peu, le débit du ruisseau devient très faible et on craint la pénurie, on attend avec impatience les orages du mois d'août. Mais jusqu'ici, même l'été dernier où les orages ne sont pas arrivés avant septembre, on a toujours eu de l'eau.
L'hiver c'est autre chose, enfin quand il gèle, les tuyaux n'étant pas enterrés, après quelques jours de gel, fini l'alimentation des cuves et si ça persiste, ou si ça descend en dessous de -5, fini l'alimentation de la maison. Il nous reste alors une citerne proche de la maison où l'eau ne gèle pas et où on va chercher l'eau avec un seau, Nanou fait chauffer l'eau dans une casserole pour se laver à la bassine et pour la vaisselle. Ça c'est un inconfort mais ca ne dure jamais que quelques jours.

Voilà donc, un toit, du courant, du chauffage et de l'eau en suffisance pour une vie simple, en élargissant sa zone de confort (c'est à dire se sentir dans le confort avec moins), nous sommes très bien.
A côté de cela, nous avons le luxe, le grand luxe même: l'air pur, le paysage magnifique, le soleil très souvent, mais surtout ne pas devoir aller se mettre dans les embouteillages ou transports en commun bondés, être obligés d'aller travailler et revenir à 18 h, fatigués nerveusement. Nous travaillons chez nous à notre rythme pour être plus autonome et développer notre projet pour gagner un peu d'argent. Mais même si chaque situation est différente, qu'on a une certaine forme de chance pour en arriver là, il y a une équation qui marche à tous les coups : moins de besoins = moins d'argent à gagner = plus temps pour faire des choses soi-même plutôt que de les acheter = moins de stress.

Restent la vie de tous les jours et la vie sociale. Au quotidien, vous l'avez compris, je suis beaucoup à travailler dehors, en plus des travaux décrits plus haut, il y a toutes des petites choses ça et là, à régler. Nanou s'occupe de tâches ménagères, vaisselles, repas, fait le pain, confectionne de nouveaux petits plats, des biscuits, range, rentre du bois, elle aimerait parfois être un peu plus dehors, surtout en bonne saison, ça viendra ... L'hiver, quand elle a un peu de temps elle tricote, crochète (elle a déjà fait des jambières, des mitaines) ou file la laine puisque cela fait partie du projet qu'elle souhaite mettre en place. Elle a eu l'occasion de participer avec une voisine à 2 salons sur la laine, ce qui l'a confortée dans ce projet.

Ayla a son quotidien de l'école, le bus passe prendre les enfants du village vers 7h45 et retour à 17h45, longues journées et même plus longues depuis 2 mois car une route s'est effondrée lors des pluies d'automne ce qui oblige le bus à faire un détour.
Elle s'est très bien intégrée à l'école et s'est fait de bonnes copines, les résultats scolaires sont bons.
Dans ses temps libres, en ado qui se respecte, c'est : films sur l'ordi, iPod ou sms avec les copines.

Ensuite il y a aussi les démarches administratives, consulat, faire passer la voiture sous plaques française, et j'en passe, ce ne sont pas les moments les plus agréables d'autant que beaucoup de choses passent par internet et qu'au village, internet c'est galère, voire pas du tout. À notre époque où tout passe par le net, c'est peut être le plus gros inconfort, donc il faut aller en ville ou à la mairie. On pourrait installer une antenne satellite mais pas simple et cher. Il semble que la 3G s'améliore ces derniers temps, le confort internet va peut-être s'améliorer.

Et enfin notre vie sociale, au village on connaît bien sûr tout le monde, une petite cinquantaine d'habitants, enfants compris, la plupart résidents permanents. Visites régulières de et/ou chez l'un ou l'autre. L'été surtout, une petite fête auberge espagnole aux Masades (petit collectif dans le bas du village). Parfois une sortie en dehors....
Et enfin le jour du marché, le samedi. C'est notre jour de sortie et de congé. Le matin, on descend aux Vans, la ville la plus proche, on passe au Carrefour faire les courses pour ce qu'on ne trouve pas au marché, puis petit tour du marché et à 11h apéro que l'on prend principalement avec 2 couples d'amis, belges aussi mais c'est un hasard, plus tout qui vient se joindre. Apéro en terrasse bien sûr, même l'hiver, ce fut rare que nous le prenions à l'intérieur, mais bon j'avoue que certains samedis c'était un peu limite. Et puis c'est aussi le moment de profiter qu'on a du réseau pour téléphoner à la famille.

Voilà voilà, je crois qu'on a un peu fait le tour même si il y aurait encore des tas de choses à dire et ll y en aura encore.
Bientôt le temps des premiers semis, continuer le défrichage, broyage des branches, refaire le toit de la ruine pour avoir un abri à outils et matériaux, aménager certains abords pour la saison touristique, construire un poulailler, ... On ne risque pas de s'ennuyer
À suivre probablement

Retour à la liste des newsletter